NOM : Larochelle, Henri-Louis
TITRE : Lac Abénaki
MÉDIUM : Sculpture sur champignon
ANNÉE : 1994
DIMENSIONS (Larg. x Haut.) : 48 x 47 cm
DONATEUR : Don de l'artiste


Henri-Louis Larochelle

Lieu de naissance : Saint-Prosper
Lieu de résidence et de travail actuel : Sainte-Foy

Quand on demande à l'artiste de nous conter comment il en venu à sculpter et à peindre des champignons, il s'arrête quelques instants pour récapituler puis fronce les sourcils. Tandis qu'il semble remonter très loin dans ses souvenirs, son visage s'illumine. Puis d'un jet, il explique le contexte qui a favorisé son cheminement.

Vers l'âge de 19 ans, on lui avait appris le métier de cuisinier. À ce moment là, il travaillait à Malartic, en Abitibi, pour des ingénieurs affectés au barrage Rapide Sept. Le travail était dur! Les journées commençaient très tôt et semblaient ne plus avoir de fin. Toutefois, lorsqu'il en avait la chance, Henri-Louis voisinait les réserves d'indiens et rapidement des liens de sympathie se formèrent. Tout en communiquant par signes avec eux, ils « troquaient » de la viande d'orignal en échange de quelques pâtisseries. Bref, cette vie dans les bois et ce contact avec les indiens étaient devenus ses principales sources d'inspiration. Muni d'un couteau de poche et d'une petite boîte de peinture, Henri-Louis aimait s'isoler dans la nature pour mieux la découvrir. « Je trouvais ça beau les champignons. Je m'assoyais aux pieds des arbres et un jour, je me suis mis à les sculpter, avec mon couteau. Je me disais qu'au départ ils avaient déjà une forme. C'était tout prêt à être utilisé. Faut dire que de sculpter dans les arbres, c'était pas mal plus compliqué. Et je n'étais pas vraiment équipé! En revenant au campement, je montrais ce que je faisais aux hommes ; eux m'encourageaient. C'est comme ça que j'ai décidé de continuer. »

Quand on les regarde de près, les champignons géants renferment des scènes réalistes du patrimoine québécois : des dragueurs sur la rivière, des campements dans les bois, des chiens attelés à des traîneaux, une crèche de Noël, des indiens en canot etc. Il y a aussi d'autres scènes qui rappellent la Beauce, sa région natale : les boeufs dans le pâturage et la fameuse descente du rapide du Diable par le général américain Arnold en 1730. Sans oublier, toutes sortes d'animaux et d'oiseaux sauvages qu'il a fidèlement reproduits dont un ours, un écureuil, un orignal et une perdrix.

Ce talent naturel , il l'a senti en lui dès l'âge de 6 ans. En faisant des efforts de mémoire, il se rappelle : « Sur 12 enfants dans la famille, j'étais le seul à sentir cette affinité pour les arts. Je pense bien avoir hérité du talent de ma grand-mère. Elle faisait des chapeaux en paille avec des perles, des soies et ajoutait toutes sortes de couleur. Ca m'émerveillait de la voir travailler comme ça. Puis à mon tour, je me suis mis à peindre avec des bouts d'allumettes de bois mâchés. » Sûrement que certains savaient « profiter » de son habileté car les femmes du village lui demandaient d'inventer des modèles ou d'en reproduire à partir des revues de broderie, moyennant 5 sous le dessin! Une façon comme une autre de faire des sous quand on a que 11 ans!

Authentique et entier, il se consacrera aux arts toute sa vie. « J'étais né pour faire ça. Sinon, je ne sais pas ce que j'aurais fait. J'ai fait ma technique seul en travaillant et en faisant des tests jusqu'à ce que ça réussisse. Maintenant, je l'ai ma manière. J'ai pas eu la chance qu'ont les jeunes aujourd'hui à I'Université. J'ai appris par la nature comme les indiens. À l'époque, on laissait l'école après la quatrième année, c'est dire que mon instruction je l'ai fait à voyager et à travailler. »

Extrait du communiqué : Les champignons sculptés d'Henri-Louis Larochelle - 1987 - À l'affiche au complexe Desjardins, Le temps de vivre, avril 1987, pp. 12-14

LIEUX D'EXPOSITION :
- Différentes expositions au Québec et en Ontario