NOM : Veilleux , Joseph-Richard
TITRE : Légende de Saint Georges et le dragon (tableau en quatre parties)
MÉDIUM : Acrylique sur toile
ANNÉE : 1996
DIMENSIONS (Larg. x Haut.) : 3,35 m x 91 cm
DONATEUR : Don de l'artiste
 
   
 
  NOM : Veilleux, Joseph-Richard
TITRE : Espace-dieu et lieu indigène: le complexe de Narcisse (diptyque deux parties)
MÉDIUM : Acrylique sur toile
ANNÉE : 1991
DIMENSIONS (Larg. x Haut.) :
70 x 150 cm, 60 x 150 cm
DONATEUR : Monsieur Jean-Guy Dionne
Note : Trousse pédagogique disponible
   


Joseph-Richard Veilleux

Lieu de naissance : Saint-Georges
Lieu de résidence et de travail actuel : Saint-Georges


Pratique tôt le dessin et la peinture. Stage de peinture en France en 1970. A son retour au Québec, mène de front les arts plastiques et les études de psychologie expérimentale sur la perception des couleurs (baccalauréat et maîtrise à l'Université Laval, 1976). Stage à l'institut Pallenberg à Bruxelles (1974). Expose depuis plus de trente ans. Ses oeuvres sont représentées dans de nombreuses collections privées et publiques au Québec, air Canada, en France, aux Etats-Unis, au Danemark, en Turquie. Membre de l'Académie Royale des Arts du Canada (1997).

Expositions principales:

Biennale des artistes du Québec, Montréal (1979, 1983); Galerie du Grand Théâtre, Québec (1985, 1987, 1988); Galerie Anima G, Québec (1987); Art-Québec-Art, Miami, Floride (1987); Beauce-Art 88, Paris; Fondation Charles-Bassompierre, Paris (1989), Bibliothèque Gabrielle-Roy, Québec ; Maison Radio-France, Paris (1989); Pluralité 90, exposition itinérante du Conseil de la Peinture du Québec, Salon de l'Art sacré contemporain, Paris (1990); Galerie Rodrigue Lemay, Ottawa (1990),Centre culturel Salvatore Allende, Neuilly-sur-Marne; Centre culturel de Rambouillet (1991); Biennale d'art contemporain des Pays francophones, Paris; Salon d'Art sacré contemporain, Biarritz (1992); Musée de Conflans et Neuilly-sur-Marne (1992); Exposition Europa, Paris; Prix International d'Art contemporain, Monaco (1994); Centre d'artistes autogéré, Lévis; International Island Symposium, Turquie (1996); Musée de Winnipeg; Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris; Musée Marius-Barbeau, Saint-Joseph-de-Beauce (1997); International Symposium on Bornholm, Danemark (1998); Galerie Linda Verge, Québec (1985 à 1999).

DÉMARCHE ARTISTIQUE

« Trahit sua quemque voluptas »
« Chacun a son penchant qui l'entraîne. »

L'art des révoltes intérieures, des interdits profonds, l'art abyssimal, l'art du cri d'âme, de l'âme seule et éternelle, des grands peuplements et des légendes de l'humanité.

J'accepte mes désirs, j'accepte ce que je suis : je me déchire comme une réponse en écho.

Une contradiction dans ma toile : le gauche rejoignant le rare, agissant comme des forces qui brisent la tendance de la culture classique à faire de l'antiquité une réserve de formes décoratives : la pureté apollinienne de la référence grecque sensible dans la luminosité de la toile, la paix aurorale de son espace, sont secouées (puisque tel est le mot du satori) par l'ingratitude des graphismes. La toile semble mener une action contre la culture, dont elle abandonne le discours emphatique et ne laisse filtrer que la beauté. Je suis un art de secousse plus que de violence ; par moi la secousse est plus subversive que la violence : c'est précisément la leçon de certains modes orientaux de conduite et de pensée.

J'ai des peintures dérangeantes, possessives, dogmatiques ; elles imposent le produit, lui donnent la tyrannie d'un fétiche. Pour la nouvelle décade (90), je ne veux rien saisir, je veux un art qui se tient, qui flotte, qui ascensionne, qui dérive entre le désir qui subtilement anime ma main, et la politesse, qui est le congé discret donné à toute envie de capture. Si l'on voulait situer cette moralité, on ne pourrait aller la chercher que très loin, hors de la peinture, hors de l'Occident, hors des siècles historiques, à la limite même du sens, et dire avec le Tao To King :

Il produit sans s'approprier,
Il agit sans rien attendre,
Son oeuvre accomplie, il ne s'y attache pas,
Et puisqu'il ne s'y attache pas,
Son oeuvre restera.

J'ai donc choisi de pousser l'âme du haut des falaises noires, de la vider pour mieux la remplir d'elle-même, de la sortir du temple. La rigueur des arêtes est là pour signifier la frontière, le partage entre intérieur et extérieur. Comme pour l'iceberg, l'oeil n'en saisit que la pointe visible ; il y plonge et y replonge sans cesse. Et voilà que réapparaît à travers ce prisme, ma vision personnelle, inédite, mes images réactualisées d'une mémoire culturelle, sociale, historique... Cette mémoire n'est jamais extérieure à mon oeuvre, elle est faite de mon inscription, elle se consolide dans ma substance, mon corps perce et perpétue par sa récurrence, la défense d'Âmes.

Redonner une certaine lenteur au regard et restituer une sorte « d'analogia » de la vision spirituelle sur la matière. En elle se fait une convergence immédiate d'un lieu et d'un temps du monde à jamais perdu et à ré-animer. Je veux faire la genèse des énergies du devenir confrontées à l'âme ; je veux que chaque artiste accède à une forme de compréhension supérieure, de transparence, de totalisation de la vie et de lui-même. Ce qui importe avant tout, c'est de retrouver le sens de l'âme vécue intensément.

Dire de son oeuvre qu'elle est multiple, en rendrait compte faiblement : elle est protéiforme. En perpétuelle expansion, donc. Comment en parler avec quelque justesse? Dans ses manifestations récentes elle rassemble les techniques les plus diverses, parfois en de vastes montages « multidisciplinaires ». Non seulement le surréalisme et l'expressionnisme y ont laissé une marque profonde, mais aucun des grands courants artistiques de notre temps ne semble lui être demeuré étranger. Un immense héritage culturel s'y rassemble. Sur de grandes surfaces en aplats, le rouge, le bleu, le jaune déchirent le noir. Des silhouettes serrées, étirées, décharnées assistent en témoins à ces drames plastiques, ou plutôt vivent leur propre drame d'humains. Figures embryonnaires, à peine nées, déjà menacées par des ombres, qui sont peut-être des fantômes, ou des bêtes. Des stries, des graffiti rayent les surfaces, des signes qu'il faudrait comprendre. Voilà que, devant ces toiles, ces panneaux, ces objets, notre mémoire ramène du très archaïque : les origines de l'homme. Du magique aussi, conjurations et rites. Cet art, loin du décoratif, touche et nous fait toucher le sacré, dans des formes et à des sources au-delà des représentations que les dogmes et la routine ont laissées en nous. On peut lire dans cette oeuvre l'inépuisable énergie dionysiaque et la pureté apollinienne. Mais, plutôt, il faut en sa présence abandonner notre attitude de spectateur, entrer dans l'angoisse et la lutte intérieure de la création en prise avec des puissances invisibles et agissantes, et suivre, par les secousses qu'elle nous imprime, la voie de « l'homme veilleur » : Par l'art, dit J.-R. Veilleux  « restituer une sorte d'analogia de la vision spirituelle sur la matière » qui ne tend à rien de moins qu'à nous faire accéder à un autre niveau.

COLLECTIONS

Publiques :

Collection Prêt d'oeuvres d'art du Musée du Québec
Délégation générale du Québec à Paris
Délégation générale du Québec à New York Téléglobe Canada
Banque Royale du Canada Banque Nationale
Collection Caisses Populaires Desjardins (Lévis) et autres Caisses Populaires de la Beauce
La Laurentienne Mutuelle d'Assurances
Consolidated Bathurst
Brault, Guy, O'Brien Inc.
Groupe Canam-Manac
Groupe Hervé Pormerleau
Gaz Métropolitain
Université du Québec
Hôtel de Ville de St-Georges
Musée Méchatigan
Collection Héritage Chaudière-Etchemin
Art Gallery of Windsor
Agence de Publicité Martin
Fondation Charles-Bassompierre, Radio-France, Paris, France.
Collection Loto-Québec.
White Mountain Academy of the arts, Elliot Lake, Ontario, Canada.

Collections corporatives et privées :

St-Georges International Inc.
Soreltex, Sorel, P.Q.
Textiles Dionne Inc.
Edouard Thabet Inc.
Pierre Elliot Trudeau
Jeanne Sauvé
Jean-Noel Tremblay
Barbara England
Thomas Plunkett
Mgr. Louis-Albert Vachon
Clermont Pépin